Le recours au Lean intervient assez souvent pour passer outre une situation de crise. En ce sens, la crise peut s’avérer bénéfique dans la mesure où elle conduit à revoir ses pratiques et à les améliorer. Est-elle pour autant nécessaire ?

Non, si on entend par crise la rupture d’un lien vital entre l’entreprise et son environnement. Ainsi en est-il, par exemple, lorsqu’entre en vigueur une obligation de dépolluer ses rejets toxiques. Il n’y a crise que pour l’entreprise qui, au lieu d’entrer dans un consensus général qui se renforce, s’en écarte, passivement en fermant les yeux ou activement en le combattant.

Oui, si on entend par crise quelque chose de très intime et personnel. Par exemple, percevoir clairement sa propre responsabilité, et y faire face. D’autres s’en défaussent en activant quelques bons vieux mécanismes de défenses passe partout. Les plus courants consistent à se trouver, parmi les siens un bouc émissaire et parmi les autres quelques monstres. Les mécanismes d’attaque sont préférables, pourvu que l’on s’attaque à ses propres pesanteurs, pour les dépasser. Et c’est toujours en prenant appui sur les autres que l’on se dépasse soi-même : un coach, une équipe. Celui qui montre que c’est possible, entraîne bien mieux ses partenaires dans son sillage que celui qui le décrète ce qui doit se faire et l’exige des autres.